Dimanche 4 avril 2010 7 04 /04 /Avr /2010 15:02

Happy Easter to you all.

À IMG_4043
moins d'un miracle pascal.

Par MARY DOLLINGER - Publié dans : Moi - Communauté : partage
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Mercredi 24 mars 2010 3 24 /03 /Mars /2010 18:41

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Hier j’ai assisté à une conférence sur la jeunesse de Napoléon, faite par un ami qui a la largesse d’esprit d’être un fervent admirateur de votre empereur et également un anglophile chaleureux. Seule Anglaise présente, je fais profil ras de terre par respect pour mon ami et m'interdis de poser des questions ou de faire sentir ma présence hostile. Car, bien entendu, je déteste Napoléon. Je l’admire d’une certaine façon ainsi que les Français qui ont bien voulu s’affubler d’un empereur héréditaire après avoir décapité un roi qui ne l’était pas moins. Alors je reste, toute petite, attentive et respectueuse. En somme, je joue contre ma nature profonde ce qui est à la fois douloureux et héroïque.

L’assistance accompagne Napoléon jusqu’à sa vingt quatrième année dans un recueillement quasi religieux. Elle se réjouit de son passage valentinois en tant que sous-lieutenant, (il est bon de savoir qu’il a tout de même été « sous » quelque chose à une époque de sa carrière), puis applaudit en témoignage des grandes choses qui ne vont pas tarder à s’accomplir. On sollicite des questions, il n’y en a pas. Toujours muette, je me félicite de voir que la Française que je suis devenue a pris le pas sur l’Anglaise que j’étais. Il y a si longtemps.

Puis le maire prend à parole. Ravissante brune, aussi jolie que gracieuse, elle remercie chaleureusement le conférencier, et s’inquiète du manque de questions. Comment résister ? Au moment où les Français boudent les urnes, je me trouve face à une jeune femme que tout le monde aurait voulu élire. Moins grosse que Martine, beaucoup plus sexy que Ségolène, plus grande que Nicolas, plus chaleureuse que François, moins intellectuelle qu’Olivier et tellement plus belle que Daniel, elle souhaite des questions. Je ne supporte pas qu’elle soit déçue. Alors je me lance. Timidement. En essayant de gommer mon accent, et ne voulant surtout vexer personne, je réussis à mécontenter la totalité de l’assistance.

Qu’ai-je dit ? Vraiment pas grande chose. Simplement qu’il me semblait que les premières années de Buonaparte ne laissaient rien présager de Napoléon. Qu’il allait et venait entre la Corse et le Continent, demandait souvent des congés pour des raisons peu militaires tout en brimant son frère aîné, et adorant sa mère. En réalité ce n’était même pas une question, juste un tout petit constat. Quelque chose pour meubler le silence et faire plaisir au maire. Un acte de civisme désintéressé. Et comme beaucoup d’actes désintéressés, il a été mal compris. La rumeur enfle, le mécontentement gronde. Je regrette, bien entendu, mais il est trop tard, alors au lieu de me taire sagement, je rajoute une couche. Je ne vous dirai pas ce que j’ai dit, car je ne suis pas forcément fière de moi, et lorsque, au milieu du brouhaha, mon voisin s’est penché vers moi pour m’expliquer que le premier adjoint avait la jambe dans le plâtre après une rencontre avec une Anglaise sur une piste de ski, je décide de sécher le pot de l’amitié. 

À chacun son Waterloo.

 

Par MARY DOLLINGER - Publié dans : Culture - Communauté : partage
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Mercredi 17 mars 2010 3 17 /03 /Mars /2010 18:44

 

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Si vous suivez assidûment ce blog, vous saurez que notre voisin a un mât où flotte le drapeau tricolore pour le 14 juillet et les championnats de rugby. Il s’est proposé spontanément de mettre le drapeau en berne. De même que le curé sonne le tocsin et les voisins défilent. Car le coq est mort.

Hier le berger est allé chercher du grain pour les animaux. Il a oublié un seau rempli de maïs devant la barrière. Le coq, qui malgré une certaine obésité, arrive à voler approximativement, s’est installé à côté du seau pour améliorer son ordinaire. Et il est resté longtemps. Lorsque le berger l’a retrouvé, il était ivre de grain. Incapable de voler, et marchait en titubant, et ce matin, il est mort.

Raide. IMG_3989

J’ai délaissé les travaux en cours, pour apporter une aide psychologique à ses poules. Elles étaient six réunies autour du cadavre. (Les poules blanches, que vous connaissez, ont vécu leur vie de poules. Elles sont parties, sans se presser : 4 heures au four accompagnées d’une bouteille de vin blanc et de petits légumes. Les nouvelles sont noires, tout à fait en phase avec ce qui venait de se passer.)

J’ai commencé par quelques paroles, bien choisies, sur la mort qui fauche, mais n’ai pas eu le temps d’aller plus loin car j’ai entendu, très distinctement, un rire étouffé. Puis un autre, puis un, pas étouffé du tout. Et, devant mes yeux ébahis, tout le gynécée de s’ésclaffer, se rouler par terre, et rire si fort que l’on n’entendait plus du tout le tocsin.

« Bien fait", crie poule numéro 1.

« C’était un obsédé", enchaîne poule numéro 2.

« Sexuel, je précise", clarifie poule numéro 3.

« Brutal à ses heures", glousse poule numéro 4.

« Un macho de première", soupire poule numéro 5

« Qu’il crève",
conclut poule numéro 6.

« C’est déjà fait », tranche la chèvre qui se targue d’avoir, toujours le dernier mot.

Par MARY DOLLINGER - Publié dans : Animaux - Communauté : partage
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Lundi 1 mars 2010 1 01 /03 /Mars /2010 20:07

À l'heure où je vous écris mon manuscrit se trouve sur le bureau de l'éditeur. Il est parti avec un petit "clic" douloureux.

C'est la première fois que j'envoie un manuscrit en "pièce jointe". Parti comme une vulgaire facture, il a traversé le monde virtuel avec un grand courage, alors que l'auteur se sent amputé et orphelin.

L'éditeur m'a répondu qu'il allait le lire "tranquillement" et me contacter à mon retour d'Angleterre la semaine prochaine. C'est vrai que je possède l'éditeur le plus gentil, le plus patient, le plus compréhensif qui existe dans ce monde impitoyable de l'édition. Mais mis à part quelques paragraphes, il ignore tout de ma façon de traiter ce projet, et je m'attends à une crucifixion en règle. D'ailleurs pour devancer le supplice attendu, je lui ai parlé d' "ébauche" plutôt que de manuscrit.

Vous aurez compris que je suis au trois-quarts immergée dans un océan d'angoisse. Reste à savoir si l'éditeur va me tendre une main secourable, ou appuyer doucement sur ma tête pour me faire disparaître dans une sorte de Titanic littéraire.

Demain soir je serai à Stratford-upon-Avon. J'ai demandé à Shakespeare de me préparer "a stiff gin and tonic."

Par MARY DOLLINGER - Publié dans : Moi - Communauté : manuscrits en ligne (romans)
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Dimanche 17 janvier 2010 7 17 /01 /Jan /2010 13:02

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Cher Monsieur Belfond,

Vous n'existez sans doute pas, et c'est tant mieux, car vous n'allez pas aimer la suite.

Je ne suis qu'un modeste auteur provincial, dont l'orthographe laisse à désirer, (voir note précédente,) mais vous, vous êtes une structure avec pignon sur rue, et vous n'avez absolument pas le droit d'écrire "étrécis" à la place de rétrécis", (page 254 de "Dans les bois" de Harlan Coben.) Tout le monde a le droit à l'erreur, mais à la page 292, il serait décent d'écrire "vou" avec un "s" et Il me semble que "etait" sonnerait mieux avec un "é", mais je suppose que c'est une question de goût. En revanche, à la page 362, "l'odeur qui lui est montee au visage", laisse vraiment à désirer.

Mais si moi, Anglaise à l'orthographe fantaisiste, ai trouvé ces petites choses qui fâchent, combien d'autres coquilles dorment encore "dans les bois" ?

Et je n'ai pas fini.

Lorsque l'on a la chance de publier Harlan Coben, on s'offre un traducteur qui n'a pas mangé de tapioca à tous les  repas.

 

Sincerely yours

 

Un écrivain désespéré.

 

P.S. Il vaut mieux lire un Harlan coben mal traduit, qu'un "vous savez qui" (lire note précédente,) en français dans le texte.

Par MARY DOLLINGER - Publié dans : Littérature française et anglosaxonne - Communauté : manuscrits en ligne (romans)
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