Jeudi 18 novembre 2010 4 18 /11 /Nov /2010 19:01

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Je n’ose même plus regarder la date de ma dernière note, mais je pense que cela fait presque six mois sans écrire un mot. Un peu submergée par le projet en cours, difficultés à me concentrer sur autre chose… Mais je reviens vers vous pour dire que je serai ce samedi 20 novembre à partir de 10 30 à la libraire « le bal des Ardents » 17, rue Neuve à Lyon.

Le Salon « Place aux Livres » initialement prévu les 5, 6 et 7 novembre ayant été annulé, à cause des manifestations, Jacques André a décidé de trouver une autre vitrine pour accueillir ses auteurs.

Pour ceux parmi vous qui hésiteraient à se déplacer pour les publications d’une maison d’édition à qui on n’a jamais décerné le prix Goncourt, je vous signale que cette intéressante librairie a un rayon érotique. Vous pourriez, donc, faire semblant de feuilleter les livres de Jacques André tout en achetant le roman dont vous rêvez mais que vous n’osez pas acquérir en temps ordinaire.

Quant à moi, je n’ai rien de nouveau à proposer cette année, mais serai là pour soutenir le roman de J.F.Braun Un éléphant dans la poussière : espionnage, morts violentes, et suspense garanti. combat-l-elephant-356317.jpg

Par mary.dollinger
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Mercredi 19 mai 2010 3 19 /05 /Mai /2010 16:38

« Tu lui as téléphoné ? » La chèvre roule des yeux globuleux. Ce n’est pas joli à voir. « Tu ne dis rien ? » Que dire ? « Tu  t’es encore dégonflée. » C’est vrai. J’avais pourtant promis à Lali. « Ce n’est pas croyable d’être si lâche ! » Je ne peux qu’être d’accord et suis triste de voir ce que je suis devenue, sorte de chamalo sans saveur, sans avenir et surtout sans  manuscrit. « Tu vas prendre ton téléphone, »  j’en suis physiquement incapable, « alors lui envoyer un mail, » idem, « alors il faut que je prenne les choses en main ! » Et de son petit pied fourchu elle appuie, délicatement, exactement là où il faut. L’étendue des prouesses de cet animal ne cessent de m’étonner. Je passe la porte sur le point de pieds, fuyant l’inévitable. Cet homme, si doux et compréhensif m’a écrit pour ne pas avoir à me dire, de vive voix, tout le mal qu’il aimerait ne pas penser de ces dix-huit mois de travail. « Il essaie de te joindre depuis le 10, » s’exclame la chèvre. Je force le pas, loin, toujours plus loin. « Il paraît que tu es injoignable ! »

« Injoignable ? » dit le pied gauche, en se figeant sur place. « Fichtre ! «  dit le pied droit, toujours d’une insupportable préciosité qui dépasse le ridicule. Mes pieds rejoignent le bureau. Je les suis docilement, après tout « injoignable » signe incontestablement une certaine importance. Une vie bien remplie débordante de dédicaces (de quoi ?), interviews, salons, cafés littéraires… alors qu’en réalité j’ai passé des heures en tête à tête avec mes petites plantes, les encourageant à braver pluie, froid et mistral.

La chèvre ne quitte pas l’écran : « Il est à sa troisième lecture, » l’homme est un saint, « tu te prends toujours les pieds dans les verbes, » je m’en fous, « il trouve quelques anglicismes », normal, «  et il changerait bien quelques têtes de chapitres », s’il arrive à tenir pendant trois lectures il peut changer toutes les têtes de chapitre s’il en a vraiment envie. Et puis ? « Et puis, il trouve que l’ensemble tient, la structure aussi, » je la sens déçue, « mis à part quelques verbes… » s’empresse-t-elle d’ajouter.

Et je soupire. Soulagement, bonheur, satisfaction même. Je souris.

« Exquise sensation, » murmure le pied droit.

« Attends donc de recevoir le manuscrit, il n’a peut-être pas oser tout te dire, » conclut la chèvre.

Mais plongée dans ce petit nuage empli de félicité, je n’arrive même pas à lui en vouloir.

Par mary.dollinger
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Jeudi 13 mai 2010 4 13 /05 /Mai /2010 17:33

IMG_4118.JPGLorsqu’un manuscrit part, seul, abandonné et fragile, livré en pâture au monde féroce de l’édition, les journées ne sont que montagnes d’angoisse. L’éditeur a beau me dire qu’il le lit « tranquillement », lorsque les semaines défilent, et que je ne vois rien venir, je le devine écrasé de fatigue, tournant les pages d’une main lourde d’ennui, envahi par le désespoir à la pensée de tout ce qui aurait dû être fait ou est à faire et les horribles vérités qu’il sera obligé de m’asséner un jour ou l’autre.

À chaque sonnerie de téléphone, cœur à vitesse supersonique, bouche aussi sèche que le Kalahari, jambes alambiquées, je croasse, bafouille et c’est simplement, lorsque je réalise que la personne au bout du fil n’est pas concernée par la littérature, sous aucune forme, que je me laisse envahir par une douce quiétude qui me permet de m’ouvrir aux autres. C’est-à-dire à ceux qui veulent m’emprunter de l’argent, venir passer trois semaines au vert avec famille très nombreuse, m’inviter à dîner avec des gens que je déteste, ou tout simplement me raconter leur vie pendant trois quart d’heure.

« C’est quoi ce chèque ? » s’exclame le berger, et « ce dîner la semaine prochaine avec

les …  ? et les épouvantables B… qui débarquent ? » Je plaide coupable à tous les chefs d’accusation et évoque le stress littéraire qui me déstabilise.

« Tu nous emmerdes avec tes états d’âme, » dit la chèvre, « passe lui un coup de fil, aie le courage d’affronter ton éditeur, tu nous casse la vie. » Et elle a raison.

Je ne lui téléphonerai pas. Trop lâche. Trop fragile. Je lui ai envoyé un mail hier soir, tard, même très tard. Tout éditeur qui se respecte doit suivre l’exemple de la France entière et faire le pont. Je suis donc tranquille jusqu’à lundi matin.

A suivre.

Par mary.dollinger
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Mercredi 21 avril 2010 3 21 /04 /Avr /2010 07:48

Ici vous trouverez un blog consacré principalement à l’écriture. Celle des autres, (pas mal) et la mienne, (probablement plus.)

Je suis entourée d’une basse-cour turbulente où règne une chèvre acariâtre. Il n’est pas toujours aisé d’écrire en Français lorsque sa langue maternelle est l’Anglais, et ces compagnons indisciplinés ne facilitent pas forcément la tâche. C’est pour cette raison que le cinéma constitue un dérivatif nécessaire, où fort heureusement, les animaux ne sont pas admis.

Il s’agit, bien entendu, d’un blog qui ne doit en aucun cas être pris au sérieux.

Par mary.dollinger - Publié dans : Moi
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Dimanche 18 avril 2010 7 18 /04 /Avr /2010 17:29

Dans une deuxième vie que je sens imminente, pour des raisons qui seraient trop fastidieuses d’expliquer ici, je serai Kate Atkinson. Je ne peux imaginer avoir de lecteurs qui ne connaissent pas cet écrivain britannique extraordinaire, mais si tel est le cas courez vite acheter, emprunter ou même voler Souri Bleue, Les Choses s’arrangent, mais ça ne va pas mieux, À quand les bonnes

nouvelles ? 51LM7JgLytL. SL500 AA300 pour commencer.

Elle représente pour moi, le prototype de l’écrivain parfait. Sa prose roule et danse, ses récits rebondissent avec élégance, ces personnages nous parlent avec tant de sincérité et de force que c’est à vous dégoûter d’écrire. Chaque fois que je termine un de ses romans, je fais le ménage dans les miens et les poubelles débordent. C’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle il me semble urgent d’usurper son identité.

Un seul problème : elle est blonde avec une chevelure exubérante, je suis châtain foncé plutôt service minimum. J’ai du mal à m’imaginer en blonde, il me semble que je perdrais une partie de mon identité profonde, mais puisque tel est le but de cette aventure, je suppose que c’est tant mieux.

Harlan Coben, ( Voir notes du 16 et 17 janvier), a dit qu’elle était un « must read ». Je regrette que cet auteur américain, passionnant la plupart du temps, se prend temporairement pour George Orwell et donne dans le « news speak »,  mais c’est assez explicite. Kate Atkinson est donc un « devoir de lecture ».

Normalement il faut, maintenant, procéder à un synopsis d’un ou des romans sus-cités. Je n’en ferai rien. Il suffit de dire qu’elle parle d’amour, de mort (parfois violente), d’amitié, de  solitude, de  pauvreté, de secrets de famille, d’échecs, de trahison, de  passion, de détresse, et, quand même, de bonheur. Le tout avec légèreté et humour.

Il me tarde de devenir cette romancière blonde.

Pour elle, les choses seront plus dures.

J’ai prévenu la chèvre. * Elle m’a promis de s’en occuper…

 

* Pour les nouveaux lecteurs voir la note du 9.1.2010

Par mary.dollinger - Publié dans : Littérature française et anglosaxonne - Communauté : manuscrits en ligne (romans)
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